nicolas cage

Une rumeur cours.  Au sein du milieu de la BD au Québec, certaines personnes pensent que de publier l’ouvrage d’une vedette qui ne fait pas nécessairement de la BD est une stratégie pour faire la promotion du 9e art. Mon intention n’est pas d’attaquer des individus (à part peut-être Nicolas Cage…). C’est un argument qui est présent depuis très longtemps dans le milieu, mais il n’est pas partagé par tout le monde, et à chaque fois que la situation se présente, on recommence le débat. Je crois donc qu’il serait intéressant d’analyser un peu plus attentivement cette stratégie de promotion.

Le poid de cet argument peut s’articuler en deux temps.  Dans  un premier temps, la vedette permettrait à un public de non-initiés d’ouvrir, peut-être pour la première fois, une BD.  La vedette contribuerait donc à amener de nouveaux lecteurs vers le milieu. Toutefois, le phénomène inverse peut se produire. Dans le cas d’un produit de peu de qualité réalisé par une vedette, un lecteur qui ne connait pas le milieu pourrait associer « BD québécoise » et « produit de peu de qualité ».  Pensons à la chanson québécoise. Ça a pris une éternité avant que les français réalisent qu’il y avait autre chose que Céline Dion et Garou au Québec, parce que nous leur présentions seulement nos grosses vedettes, et ce n’est pas grâce à Garou que les français ont découvert Les cowboys fringuants ou Pierre Lapointe.

La seconde partie de l’argument veut que l’argent récolté grâce à un succès d’estime permet à l’éditeur de publier des auteurs moins connus (le principe classique de la « locomotive »). Le problème avec cet argument est que, toujours dans le cas d’un produit de peu de qualité largement diffusé par l’aura d’une vedette, l’image de marque de l’éditeur en prend un coup. Celui-ci est alors identifié comme quelqu’un qui est prêt à sacrifier la qualité de son catalogue au profit d’un succès d’estime. Chez les auteurs, c’est une image qui a rarement la cote.  Je suis peut-être encore trop idéaliste lorsque je pense qu’un auteur préférera un éditeur intègre à un éditeur qui paye plus…  Je ne sais pas.

Alors, est-ce vraiment payant d’éditer une vedette? La conclusion que je pourrais en tirer, est que le facteur « vedette » ne doit jamais être le seul incitatif à publier. Ça peut être une plus-value à un projet de qualité, mais il ne devrait jamais, en lui-même, constituer un argument final de publication. Bref, oui, publier une célébrité est profitable… Publier de la merde célèbre l’est pas mal moins.

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