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Tintin. Je ne parlerai pas ici de la qualité de l’oeuvre d’Hergé. Je veux simplement vous faire part d’une intuition que j’ai au sujet du produit Tintin, à l’heure où la société Moulinsart et Nick Rodwell gèrent d’une poigne de fer cette franchise hautement lucrative. Je ne parlerai pas non plus des histoires de Tintin. Il est déjà accepté que les histoire du reporter sont plutôt fades, malgré le génie narratif indéniable du créateur. Il est déjà aussi accepté que l’oeuvre n’est pas si sublime que l’espace qu’on lui accorde…

Je veux parler de l’action de « porter » Tintin, principalement dans les milieux bourgeois. Je pense que la rentabilité du produit Tintin est encore très forte, en partie  parce qu’il est maintenant chargé de quelque chose de plus grand que l’oeuvre qu’il représente; en gros, « porter » Tintin, c’est affirmer quelque chose au public. C’est afficher, de manière subtile et chic, notre petit côté givré. Imaginez une maison de St-Lambert, d’Outremont ou de l’avenue Cartier, à Québec. Sur le mur de l’escalier qui mène au deuxième étage, un poster de L’île noire :  « Ah, tiens, il est riche, mais il a un petit quelque chose de fou »…

Tintin chez les bourgeois, c’est une paire de Converse dans les pieds d’un chef d’orchestre. Malheureusement, c’est aussi une certaine survivance de l’esthétique coloniale.

tintin

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sucroeÇa faisait 13 ans que la cause traînait. 13 ans qu’un type du nom de Claude Robinson accusait la compagnie de production Cinar de lui avoir volé son concept de série télévisée originalement intitulée « Les aventures de Robinson Curiosité ». C’est l’histoire de plagiat la plus importante du monde de l’animation au Québec.

Ça fait tellement longtemps qu’on a eu le temps de l’oublier, de s’en souvenir et de le réoublier. Eh ben voilà que le jugement tombe, enfin; le juge Claude Auclair condamne les différents partis impliqués dans cette histoire à verser près de 6 millions de dollars à Robinson.  

… Et si on parlait de Caillou, maintenant?

Minh Nguyen, un membre de Front Froid, a publié sur son blogue un article au sujet de la structure narrative des comic books, que je vous suggère de lire avant de commencer la lecture de ce billet. Minh fait état de certaines lacunes propres aux traditionnels « issues » mensuelles au sein desquels super-héros et vilains se tapent sur la gueule ad vitam aeternam. Bien d’accord avec lui : les interminables conflits musclés sont, à la longue, soulant. J’aimerais toutefois ajouter mon petit grain de sel. Minh semble associer la « structure » (un numéro par mois pour l’éternité) au problème de « milieux interminable » des comics books. Il faudrait peut-être ajouter à cette analyse que c’est un impératif économique qui gouverne cette structure. Un héros est une franchise qui doit rapporter. Tant qu’elle raporte, une grosse compagnie comme DC ou MARVEL n’a absolument aucune raison de la terminer. De là les histoires interminables. Pure logique capitaliste.

Conséquemment, les auteurs  de comic books doivent user de créativité pour faire en sorte que l’histoire ne se termine pas, sans pour autant que le lecteur soit ennuyé. Bien sûr, les comic books plus ordinaires utilisent la stratégie de l’alternance éternelle de vilains. C’est le genre de stratégie qui fonctionne avec une clientèle renouvellable, c’est-à-dire les enfants. La majorité des enfants vont lire Hulk peut-être deux ou trois ans. Après quoi ils passerons à un autre héros, et Hulk sera lu par leurs petits frères (ou leurs petites soeurs).  En effet, bien d’accord avec Minh, le système du comic books pour jeunes est une grande roue panthéonique, plutôt ennuyante lorsqu’on saisie les motivations de sa dynamique.

batman

Mais d’autres comic books utilisent le « conflit éternel » de manière un peu plus complexe en le rapportant au niveau de l’individu. Les grands héros s’affrontent aussi eux-mêmes. Pensons à Batman ou à Iron Man. Le conflit éternel est évidemment utilisé pour faire faire du fric à la franchise, mais les auteurs ont su utiliser un impératif économique pour parler de quelque chose de plus profond : le dilemme éthique, la morale, la justice. Ce sont des conflits qui SONT éternels, qui viennent donc donner une légitimité à l’histoire sans fin. Dans ce cas là, je ne suis pas prêt à avancer que le politique n’est pas présente au sein de ce genre d’histoire. Il y a quelque chose de très important dans ce genre de conflit éternel, tant au point de vu politique que philosophique. Voilà, je m’arrête ici.  Merci Minh pour ta réflexion!

persepolisJ’ai reçu une illustrtation, il y a quelque temps, qui modifiait la couverture de Persepolis pour l’adapter à la situation actuelle en Iran. J’ai trouvé que c’était un bon gag d’actualité, sans savoir que deux jeunes iraniens préparaient vraiment une reprise de la BD en l’adaptant au scandale électoral iranien.

Eh ben voilà : http://www.spreadpersepolis.com/

Un travail d' »editing BD » démontrant une fois de plus que le numérique est une donnée qui ne peut tout simplement plus être ignorée en BD. Plus rapide et simple, mais aussi efficace que l’editing vidéo, l' »editing BD » aurait-il le potentiel de devenir une arme efficace pour les protestataires? Pas mal plus efficace qu’un tract ou qu’un manifeste, et pas besoin d’être caricaturiste… Inch’Allah

louvreLe site ActuaBD nous présente ce mois-ci un très bel éditorial intitulé « Pour une nouvelle histoire de la BD« , qui fait état de la situation au sein du milieu de la recherche en BD. 

À l’heure où de grandes institutions muséales comme Le Louvre décident d’ouvrir leurs portes à la BD, devons-nous applaudir sans pour autant nous poser des questions sur la manière dont nous abordons l’analyse du médium?

Une belle et nécessaire réflexion sur les mauvais plis que prennent les milieux universitaires, médiatiques et institutionnels. Un petit extrait :

« […]il est inacceptable que des champs entiers de la bande dessinée soient écartés de l’étude ou de la reconnaissance sous prétexte qu’ils visent un public populaire, marqueté, parce qu’ils relèvent de l’« Heroïc Fantasy » ou tout simplement parce que les héroïnes se présentent de façon trop sexuées. Ce sont des aveuglements et des pudibonderies d’un autre âge qu’il est temps de mettre de côté. » 

Oui, oui et re-oui!

trip

Après quelques temps d’absence, le studio coopératif Premières Lignes reprend du service, et ce  en grande pompe!  Le studio lancera en effet une nouvelle collection baptisée « Trip », une aventure artistique sans compromis, qui explorera à la fois le fond et la forme en BD, tout en faisant une place d’honneur au métissage et à l’interdisciplinarité. Pour l’occasion, Premières Lignes organise un lancement au Cheval Blanc (ça commence pas à être grossier, comme récurrence?) le 29 août, de 15h à 19h. Et ce n’est pas qu’un, mais bien quatre livres qui y seront lancés! La Forêt des Serpents de Marc Tessier, Fables des trois Mégères de Sandra Breault, Rose de Isabelle Melançon et le TRIP 6 (revue spécialisée en BD à ne pas confondre avec le Trip Magazine, qui parle de la sous-culture des drogues psychédéliques).

Une exposition de photocollages de Marc Tessier et Stanley Wany (les directeurs de la collection) sera présentée du 15 au 29 août, toujours chez notre brasseur préféré!

Il reste un tout petit peu plus que deux semaines avant la date limite pour remettre vos projets, afin de faire partie de la troisième mouture du collectif Le Front!

Tous les critères de sélection son disponibles ici.

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