Tintin. Je ne parlerai pas ici de la qualité de l’oeuvre d’Hergé. Je veux simplement vous faire part d’une intuition que j’ai au sujet du produit Tintin, à l’heure où la société Moulinsart et Nick Rodwell gèrent d’une poigne de fer cette franchise hautement lucrative. Je ne parlerai pas non plus des histoires de Tintin. Il est déjà accepté que les histoire du reporter sont plutôt fades, malgré le génie narratif indéniable du créateur. Il est déjà aussi accepté que l’oeuvre n’est pas si sublime que l’espace qu’on lui accorde…

Je veux parler de l’action de « porter » Tintin, principalement dans les milieux bourgeois. Je pense que la rentabilité du produit Tintin est encore très forte, en partie  parce qu’il est maintenant chargé de quelque chose de plus grand que l’oeuvre qu’il représente; en gros, « porter » Tintin, c’est affirmer quelque chose au public. C’est afficher, de manière subtile et chic, notre petit côté givré. Imaginez une maison de St-Lambert, d’Outremont ou de l’avenue Cartier, à Québec. Sur le mur de l’escalier qui mène au deuxième étage, un poster de L’île noire :  « Ah, tiens, il est riche, mais il a un petit quelque chose de fou »…

Tintin chez les bourgeois, c’est une paire de Converse dans les pieds d’un chef d’orchestre. Malheureusement, c’est aussi une certaine survivance de l’esthétique coloniale.

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